La météo maussade pèse sur les dépenses des consommateurs : tour d'horizon du commerce de détail en avril
L'inflation globale a reculé à 10,1 % en mars, contre 10,4 % en février, mais elle est restée proche de son plus haut niveau depuis 40 ans et supérieure aux 9,8 % prévus par les économistes. Toutefois, l'inflation devrait connaître une forte baisse à partir du milieu de l'année, grâce à la baisse des prix de gros de l'énergie.
La rémunération de base et la rémunération totale ont reculé respectivement de 2,3 % et 3,0 % en glissement annuel en termes réels au cours du trimestre clos en février (ONS), mais la confiance des consommateurs a progressé de six points pour atteindre en avril son plus haut niveau depuis 15 mois, à -30 (fig. 1). L’indice GfK des achats importants a gagné cinq points au cours du mois, s’établissant à -28.
Ces hausses s'expliquent par une forte progression des salaires et la prolongation des aides publiques pour les factures d'énergie, ainsi que par un optimisme croissant quant à la perspective d'un apaisement des pressions inflationnistes.
Toutefois, ces deux indicateurs restent clairement en territoire négatif, et l'impact des variations de la confiance des consommateurs sur les dépenses se fait généralement sentir avec un décalage de trois à six mois, ce qui laisse présager un comportement récessionniste bien ancré à court terme.
Fig. 1 : La confiance des consommateurs et celle des entreprises au Royaume-Uni ont toutes deux progressé en avril
Source : GfK, Lloyds
La confiance des entreprises a progressé d'un point en avril pour atteindre 33 %, son plus haut niveau depuis 11 mois (Lloyds), portée par un optimisme accru concernant l'économie. La confiance des entreprises du secteur de la distribution a reculé à 24 %, contre 32 % en mars, mais reste nettement supérieure aux niveaux les plus bas enregistrés pendant une grande partie de l'année 2022.
L'inflation alimentaire, qui atteint des niveaux records, freine les dépenses discrétionnaires
Les ventes au détail ont progressé de 6,0 % en glissement annuel en mars (Retail Economics). Toutefois, si l'on tient compte d'une inflation à deux chiffres, cela marque un treizième mois consécutif de baisse du volume des ventes (fig. 2). L'inflation des produits alimentaires a bondi à 19,1 %, contre 18,0 % en février, ce qui exerce une pression à la baisse supplémentaire sur les revenus disponibles et décourage les dépenses non essentielles.
Fig. 2 : La croissance de la valeur et du volume des ventes au détail s'est décalée en raison d'une forte inflation
Source : ONS, analyse de Retail Economics
Les achats en magasin ont continué d'avoir la faveur des consommateurs, qui cherchaient à éviter la hausse des frais de livraison et de retour ; les paiements en espèces sont restés courants et la demande de promotions locales est restée forte.
Toutefois, le mois de mars le plus pluvieux au Royaume-Uni depuis 29 ans a entraîné une baisse de la fréquentation, qui a reculé de 0,6 % en glissement annuel au cours des cinq semaines allant jusqu'au 1er avril (Springboard).
Cette évolution a coïncidé avec une hausse du chiffre d'affaires des ventes en ligne, pour la première fois depuis fin 2021. En mars, les ventes en ligne ont progressé de 3,4 % en glissement annuel, même si cette hausse s'explique en partie par une base de comparaison défavorable par rapport à l'année précédente, où les ventes avaient chuté de 19,2 %.
Fig. 3 : Chiffre d'affaires du commerce de détail en mars 2023, par secteur
Source : Indice des ventes au détail de Retail Economics (en valeur, non corrigé des variations saisonnières).
Tendances et évolutions du secteur
Secteurs syncrétiques
Les enseignes traditionnelles d'articles pour la maison sont confrontées à la concurrence de marques telles que Next, H&M et Primark, qui ont élargi leur gamme de produits pour la maison. En effet, Primark a vu ses ventes d'articles pour la maison augmenter d'environ 25 % entre 2019 et 2023 (Retail Week).
L'intégration d'un rayon d'articles pour la maison au sein d'une boutique de vêtements peut favoriser les achats impulsifs et permettre aux détaillants de mode de tirer parti de leur présence sur les réseaux sociaux pour promouvoir leurs produits d'intérieur. Leur capacité à capter l'intérêt des jeunes consommateurs est un aspect que les géants traditionnels comme Dunelm devront surveiller de près.
Le temps pluvieux freine les ventes de produits de bricolage
Le mois de mars 2023 a été le sixième plus pluvieux jamais enregistré, ce qui a entraîné une baisse de 32,0 % des ventes de plantes d'extérieur et de 58,0 % des ventes de mobilier de jardin et de barbecues au cours de ce mois, les ménages ayant passé davantage de temps à l'intérieur (GCA).
Cependant, face à une inflation alimentaire qui atteint des niveaux records, les consommateurs s'adonnent de plus en plus à la culture de leurs propres fruits et légumes. ManoMano a ainsi enregistré une hausse des ventes de bacs de culture et de serres de 45 % et 41 % respectivement par rapport au mois précédent.
Les acquisitions en ligne portent leurs fruits
Les acheteurs plus jeunes et plus aisés recherchent de plus en plus une offre omnicanale attrayante lorsqu'ils s'intéressent aux articles ménagers. Les acteurs historiques qui ont intégré cette tendance dans leurs stratégies à long terme en récoltent aujourd'hui les fruits.
Bensons for Beds, qui a racheté Eve Sleep, une entreprise exclusivement en ligne, au quatrième trimestre 2022, a vu ses ventes en ligne progresser de 32 % en glissement annuel au premier trimestre clos en mars.
De même, le chiffre d'affaires total en ligne de Topps Tiles s'est élevé à 10,1 millions de livres sterling au cours des 26 semaines closes au 1er avril, contre 1,1 million de livres sterling l'année précédente, en partie grâce à l'acquisition du détaillant en ligne Pro Tiler Tools.
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